Phil aimons (7) : des phrases toutes faites

Publié le par Narcisse

(l'épisode précédent ici)

Le château suspendu

Le château suspendu

Il a commencé au tome 4 ("Le château suspendu"), dans les tomes 5 et 6 ("Le voyage de l'incrédule" et "Simbabbad de Batbad"), c'est un festival, et puis ça s'est un peu tari par la suite. A-t-il été influencé par l'époque ou par d'autres auteurs, et par qui ? J'en trouve des exemples chez Gotlib, Cavanna ou chez l'Achille Talon de Greg.
De quoi je parle ? Mais de ces phrases toutes faites sorties de la bouche de maints personnages des aventures de Philémon.

Le voyage de l'incrédule

Le voyage de l'incrédule

Simbabbad de Batbad

Simbabbad de Batbad

Au premier rang desquelles nous trouvons "ça va, ça vient". Tout, d'ailleurs, "va et vient" selon Fred.

Le château suspendu

Le château suspendu

Le château suspendu

Le château suspendu

Simbabbad de Batbad

Simbabbad de Batbad

L'île des brigadiers

L'île des brigadiers

L'île des brigadiers

L'île des brigadiers

L'arche du "A"

L'arche du "A"

L'âne en atoll

L'âne en atoll

Le chat à neuf queues

Le chat à neuf queues

En seconde position, "Y'a plus d'saison". Mais la plupart des occurrences se trouvent dans l'album "Le secret de Félicien" consacré au dérèglement des… saisons !

Le château suspendu

Le château suspendu

la mémémoire

la mémémoire

Le secret de Félicien

Le secret de Félicien

Le secret de Félicien

Le secret de Félicien

Le secret de Félicien

Le secret de Félicien

Le secret de Félicien

Le secret de Félicien

Le château suspendu

Le château suspendu

Le fameux "le fond de l'air est frais" complète le tiercé de tête. Fred en fera le titre d'une série de compilations de courtes histoires. Avec une jolie variation dans le dernier album "Le train où vont les choses…"

Le voyage de l'incrédule

Le voyage de l'incrédule

 Le voyage de l'incrédule

Le voyage de l'incrédule

Simbabbad de Batbad

Simbabbad de Batbad

 Le train où vont les choses…

Le train où vont les choses…

Pour quelles raisons Fred use-t-il de ces lieux communs, ces phrases qui ne veulent rien dire ?
Je rechigne à penser qu'il a cédé à la facilité. La volonté est plutôt selon moi de ramener des événements qui nous paraissent extraordinaires à une banalité ordinaire.
En lisant les aventures de Philémon, nous consentons à tout ce qui s'y passe d'incroyable (!), d'extravagant, de farfelu. Comme le héros lui-même, il nous faut avoir la naïveté, l'innocence d'accepter les êtres et coutumes de ce monde parallèle. Il s'agit aussi de "dégonfler les baudruches". Fred ne se prend pas au sérieux et se moque par ce moyen des personnages grandiloquents qu'il nous fait rencontrer.

L'île des brigadiers

L'île des brigadiers

Le chat à neuf queues

Le chat à neuf queues

 L'enfer des épouvantails

L'enfer des épouvantails

Dans ce monde, personne ne paraît vraiment étonné de ce qui arrive. A part au moins Hector, le père de Philémon, l'incrédule, notre part d'adulte censé, les pieds sur terre, mais volontairement complice le temps de la lecture.

Le voyage de l'incrédule

Le voyage de l'incrédule

 Le voyage de l'incrédule

Le voyage de l'incrédule

Simbabbad de Batbad

Simbabbad de Batbad

Peut-être faut-il y voir également une critique légère de nos tics de parole. Les "en fait", "du coup", "c'est clair" et autres facilités de langage dont nous émaillons notre discours, j'en ai déjà parlé ici et . Et qui n'ont d'autre utilité que d'engager la conversation, de ne pas rompre le dialogue. Est-ce cela qu'on nomme "la fonction phatique" ?

Simbabbad de Batbad

Simbabbad de Batbad

A l'heure du second "T"

A l'heure du second "T"

Je regrette un peu qu'il n'ait pas gardé jusqu'au bout cette marque de complicité avec le lecteur. Mais sans doute qu'il craignait de s'enfermer lui aussi dans une manie, un procédé facile.
Et je vous invite à relire "Fred, dynamiteur de formes" de Julien Bastide au paragraphe "E comme élucubration", qui m'offre une transition pour le prochain chapitre : les jeux de mots et les créations verbales.

Le voyage de l'incrédule

Le voyage de l'incrédule

"On parle beaucoup dans les bandes dessinées de Fred; un langage truffé d’expressions familières («Mouais !... Moi aussi, quand j’étais jeune, je voulais quitter tout ça... Ah là, là, là... »)… /… un langage toujours aux frontières de l’absurde…"

Simbabbad de Batbad

Simbabbad de Batbad

La mémémoire

La mémémoire

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